Le juge d’instruction près la Cour d’Appel de Meknès chargé d’enquêter sur le double meurtre de l’avocat du barreau de Meknès, maître Hsitou, et de sa femme, Maria Bennani, vient d’ordonner la clôture de l’instruction et de traduire les prévenus devant la juridiction de jugement tout en accordant la liberté provisoire à six prévenus parmi les seize poursuivis dans cette affaire qui a ému l’opinion publique meknassie.

 

Seize présumés coupables, dont cinq femmes, ont été déférés devant le juge d’instruction près la Cour d’Appel à Meknès le 20-06-2006 dans le cadre de cette affaire.

Les mis en cause devraient répondre des chefs d’accusation de constitution de bande de malfaiteurs, d’homicide volontaire avec préméditation, de mutilation de corps, de dissimulation des traces de crime et d’objets provenant du délit, de vol qualifié, de proxénétisme, d’adultère et de complicité conformément aux articles 84, 89, 93 et 470 du Code pénal. 

La disparition, depuis le 16-02-2006, de Me Ibrahim Hsitou et de sa femme Maria Bennani avait défrayé la chronique sur son mystère. Il a fallu attendre le 17-06-2006 pour connaître la vérité sur cette disparition. Les assassins présumés, arrêtés grâce à une enquête de longue haleine utilisant toutes les possibilités techniques de communication et d’investigation, ont passé aux aveux.

L’annonce de la mort de l’avocat et de sa femme le 17-06-2006 avait suscité une indignation générale au sein de l’opinion publique meknassie surtout que les premiers éléments de l’enquête avaient révélé que les cadavres ont été coupés, déformés et mutilés.

Lors d’un sit-in organisé à l’époque à la Cour d’Appel à Meknès, le barreau de Meknès avait rendu public un communiqué d’indignation émanant de son bureau réuni d’urgence le 18-06-2006 et dans lequel il a demandé aux autorités compétentes de faire toute la lumière sur cet acte, tout en exhortant l’association des barreaux du Maroc à prendre les dispositions nécessaires et adéquates pour garantir aux avocats de meilleures conditions de travail.

A noter que la clôture de l’instruction a eu lieu sans la comparution de l’une des personnes clé de cette affaire, Aziz Aked, en cabale depuis l’éclatement de cette affaire. Il a été arrêté en Espagne suite à un mandat d’arrêt international, apprend-on de sources officielles, mais la procédure d’extradition vers le Maroc, déjà entamée, s’avère assez longue.

Aziz Aked est considéré depuis le début de cette affaire comme le chaînon essentiel, manquant, pour élucider l’énigme de ce double meurtre. Il est le principal accusé. On savait que Aziz Aked s’était réfugié en Espagne après le meurtre, selon le témoignage de sa femme arrêtée dès le début de l’enquête. Non seulement il présenté comme le stratège de l’opération macabre selon tous les témoignages, mais surtout il a un profil psychopathologique qui en dit long sur sa personnalité.

Il s’est déplacé plusieurs fois entre Rabat et Meknès pour accomplir ses desseins meurtriers. Il a lui-même pris le soin de faire disparaître les traces du crime de façon à poser plusieurs difficultés aux enquêteurs. Il s’est chargé lui-même, avec l’aide de Badr.R, le pompier, de voyager avec les corps mutilés des victimes dans ses bagages, soigneusement emballés dans des sacs de plastique et mis à l’intérieur d’une valise, pour s’en débarrasser à Oued Cherrat, région de Témara et enfin il a eu le temps de se rendre à l’étranger et de disparaître dans la nature avant l’éclatement du scandale du double crime crapuleux.

Il paraît d’ailleurs qu’il soit le seul accusé directement impliqué dans ce drame qui échappe encore à l’interpellation. Son extradition devrait certainement éclairer bien des zones d’ombres dans cette affaire.